7. Le fardeau de Christ

 

 Le règne de Christ est l’expérience de la piété, c’est Lui qui vit en nous par la grâce de Dieu. Mais pour beaucoup de ceux qui ne connaissent pas vraiment le principe de la foi, l’expérience peut-être synonyme de mérite personnel, et pour d’autres une permission rebelle ou encore un voyage vers l’enrichissement. Il est vrai que la foi est un moyen d’enrichissement, mais il ne s’agit pas d’assouvir notre cupidité qui est de l’idolâtrie: vous n’êtes pas sans savoir, si vous suivez dans mes enseignements, que cette façon de pensée est « la vision babylonienne », une captivité des convoitises et de l’orgueil qui sont opposés au règne de Dieu et de Christ, c’est à dire à l’amour de Dieu dans les saints comme vie sainte au service de Sa gloire (1 Jean 2:15 à 17). Le règne de Christ n’est pas un concept mystérieux pour ceux qui comprennent le principe de la foi. Savez-vous que le Seigneur Jésus à vécu par la foi ? Et il a pu dire « le royaume de Dieu est au milieu de vous ». Si nous vivons par la foi en Lui, son règne est aussi au milieu de nous (voir Jean 14:10 à 13). C’est par cette grâce que nous avons l’assurance de vivre pour la gloire de Dieu comme l’a fait le Seigneur dans Sa vie et Son ministère sur terre. Dans mon message précédent « L’unité de Christ », je faisais un exposé très utile à la compréhension de cette suite.

 Dans la vie du serviteur, l’expérience du règne présente de nombreuses facettes qu’il serait présomptueux de vouloir toute énumérer. Mais je veux inspirer les prières des saints à cause du fardeau de ceux que la grâce désigne comme des serviteurs dévoués. Dans « L’unité de Christ », je fais référence à l’amour de Christ : c’est Christ Lui-même vivant en nous comme source et fondement de la vie chrétienne authentique. On appelle très facilement « vie chrétienne », une religiosité issu d’un christianisme sans Jésus-Christ ; où Il est nommé, mais où Il est très mal reconnu. Or, le vrai christianisme n’est pas religieux, mais il est plutôt une communion de la Personne même du Seigneur pour une repentance des principes de la chute. Sans quoi, cherchant à faire l’œuvre de Dieu, notre travail est malgré tout impie, c’est-à-dire étranger à la vie de Dieu. Notre chemin doit être celui de la croix :nous renonçons à la vie de nos âme (le vieil homme) et recherchons la vie de l’esprit comme source par la foi, nous vivons selon l’Esprit pour le dépouillement des œuvres mortes, et nous confions nos existences à la grâce de Dieu en Christ-Jésus. Maintenant, étant saisit par Jésus-Christ, nous vivons pour Sa vision, celle de l’économie de Dieu. Vous ne serez pas étonné de m’entendre dire que la volonté de Dieu est aussi la vision de Christ. Lorsqu’Il était dans la chair, il ne cherchait pas Sa propre gloire, mais celle de Son Père en accomplissant la provision de la rédemption ; aujourd’hui, il poursuit l’œuvre de Dieu par Son règne en nous. Notre disposition selon la vision de Christ est éprouvée pour qu’Il nous remplisse comme des membres de Son Corps dans la sanctification : la transformation intégrale du caractère des saints dans la vie éternelle, Jésus-Christ Lui-même qui devient tout en tous. Alors voici que nous faisons les œuvres de Dieu par Jésus-Christ notre vie et notre disposition intime à la louange de la gloire de Sa grâce.

 Nous savons que la disposition de Christ n’est pas égoïste, mais envers Dieu. Vous vous souvenez peut-être de ses fréquents discours, lorsqu’il disait qu’il n’est pas venu pour faire Sa propre volonté, mais vous n’y avez peut-être pas prêté plus d’attention. Soyez conscient que faire la volonté d’un autre, même avec la meilleur des disposition peut s’avérer être un sacrifice difficile à comprendre : Lui-même, le prince de la vie, ne voulait pas mourir (comme on peut s’en douter, la nuit où on le saisit), et personne ne pourra jamais mesurer ce que représentait pour Lui de donner Sa propre vie. Malgré cela, Il a mis le comble à Sa dévotion à cause du Père avec lequel Il est un dans l’amour. La disposition du serviteur de Dieu selon la mesure de Christ dans son expérience, peut témoigner de l’amour de Dieu avec gloire. Comme il est écrit : « il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis » (Jean 15:13), le Seigneur ajoutera : « Vous êtes mes amis si vous faites ce que je vous commande » Jean 15:14) ; et son commandement, c’est que nous nous aimions les uns les autres comme ils nous a aimés en donnant sa vie (Jean 15:12). En effet, c’est par obéissance à Son amour dans la foi que nous faisons l’œuvre de Dieu, comme il est aussi écrit : « L’œuvre de Dieu, c’est que vous croyez à celui qu’il a envoyé » (Jean 6:29). Mais nous devons retenir que si Christ vit dans le serviteur, ce dernier vit un paradoxe : Il jouit d’une liberté de la foi en opposition à la loi, un repos à l’égard de tout mérite des œuvres qui ne peut jamais aboutir à la justice de Dieu, mais il est dans la même foi selon la sanctification, incapable de trahir sa disposition à cause de la loi de l’esprit de vie. Le règne de Christ est donc l’obéissance du serviteur par la disposition de la foi de Christ ( de l’amour). S’il est serviteur, c’est parce que Christ vit en lui pour faire la volonté de Dieu selon la mesure de Son règne dans le chrétien. La loi de Christ est un fardeau que doit porter le serviteur parce qu’ils sont unis pour la vision de Christ. La souffrance que Jésus a méprisé sera aussi endurée par le membre pour le confirmer dans la foi et l’établissement de l’amour. Mais sachant qu’il n’a pas ce genre de disposition à la base, il devra recevoir les paroles de la foi pour l’approvisionnement de la vie divine et de la vision céleste. Là, il ne s’agit pas seulement d’entendre la parole, mais de recevoir la foi par la sincérité d’une disposition préalable (Matthieu 13:23). Nous ne devons pas être ignorant du fardeau de Christ, mais bien plutôt Le chercher et nous établir en Lui, afin d’être ceux qui Le soulage. « Et nous savons que toutes choses coopèrent pour le bien de ceux qui aiment Dieu, de ceux qui sont appelés selon son dessein » (Romains 8:28).

 Ne soyons pas une génération hors du courant de l’Esprit, mais recevons la sagesse de Dieu en Christ. Ne soyons pas des membres sans vie (artificiels) dans le monde, mais comprenons ensemble quelle est la volonté du Seigneur pour coopérer à Son règne de vie aujourd’hui. Le Père veut que soit exprimer la gloire de Son économie (Sa plénitude, l’élément complet de Christ dans la création). Et c’est le fardeau de Christ, que de poursuivre le travail de cette gloire par l’unité des saints dans Son règne. Le seul obstacle à l’efficacité du ministère de Christ est le refroidissement de l’amour (la bonne disposition), qui a produit durant quinze siècle, un déclin (une apostasie) abondant de l’Église. Mais grâce soit rendue à Dieu notre Sauveur au nom de Jésus-Christ notre Seigneur : Il s’est trouvé des serviteurs remarquables durant les siècles qui suivirent, qui sont entrés dans le courant de l’Esprit pour recouvrer progressivement la vérité, sans toutefois comprendre l’intention finale du Seigneur dans un cumul des choses recouvrées. Nous rendons grâce pour ses frères et sœurs, car ils étaient les instruments de Dieu, chacun à leur époque. Mais maintenant, il nous faut comprendre que le recouvrement complet de la révélation doit aboutir dans l’unité des saints à une soumission locale du Corps de Christ. Je ne désespère pas, sachant que le Seigneur connaît ceux qui Lui appartiennent. Néanmoins force est d’admettre que cette connaissance n’est pas très répandue, considérant le nombre de chrétiens hétéroclites, de groupes sectaires ( à l’exemple des dénominations ) et d’institutions religieuses qui n’ont pas la foi de Christ, malgré certaines apparences.

 Frères et sœurs qui partagez le fardeau de Christ à cause de l’amour, je vous exhorte : comme Il a porté nos fardeaux tout seul à la croix, portons avec Lui le Sien. Le Seigneur a dit que celui à qui on pardonne beaucoup aime beaucoup : reconnaissez avec moi, la grâce de Son immense salut qu’Il amène à la perfection, et dont nous jouissons avec saveur par l’Évangile; car il révèle avec évidence le royaume qui est réservé pour la persévérance des saints et l’engagement des vainqueurs de Dieu, alors que ce dernier prend Lui-même soin de nous. Qu’avons nous à faire en dehors de la vision céleste ? Christ s’occupe des affaires de Son Père, et Il recevra le bonheur et la satisfaction avec l’Épouse, l’Église, dans l’âge à venir. Il marche devant nous : Il a persévéré dans la foi du Père sur la terre et a reçu Sa récompense dans l’âge présent, et Il persévère aujourd’hui en vue de la récompense dans l’éternité. Si nous nous occupons des affaires du Seigneur (car tout lui a été remis par le Père), nous recevons aussi la récompense : Sa bénédiction dans cet âge comme prémices, une portion de Christ ; mais aussi le royaume de Dieu avec Christ. Le fardeau du Seigneur est incommensurable, et Il souffre pour Son Espérance. Frères et sœurs, souffrons avec Lui pour l’Espérance de la gloire avec Lui. Comme il est écrit, « si nous sommes enfants, nous sommes aussi héritiers : héritiers de Dieu, et cohéritiers de Christ, si toutefois nous souffrons avec Lui, afin d’être glorifiés avec Lui » (Romains 8:17).

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