5. L’Unité de Christ

 

Christ est l’Espérance : Il est l’Espérance qui vient de Dieu et la provision de Dieu, c’est-à-dire la grâce réservée. Tout ce que l’on appelle « espérance » n’est toutefois pas « l’Espérance qui vient de Dieu ». Christ est tout ce que Dieu donne à espérer, et même si certaines promesses ne semblent pas avoir de lien avec l’Espérance de la gloire, Dieu peut nous ouvrir les yeux par la foi pour réaliser cette grâce. En supposant qu’un individu (un croyant) se met à espérer selon la parole de Dieu, il a semble-t-il l’Espérance qui vient de Dieu, qui aussi est un appel spontané à l’approvisionnement de Christ (la grâce). L’apôtre Paul enseignait : « Pour ce qui concerne les promesses de Dieu, c’est en Lui qu’est le oui » (2 Corinthiens 1 :20a). Dans un premier temps, il est signifié que le Fils de Dieu est le garant de la provision divine (l’Espérance). L’apôtre poursuit : « C’est pourquoi encore l’Amen par Lui est prononcé par nous à la gloire de Dieu » (2 Corinthiens 1 :20b) ; ce qui signifie que Dieu est non seulement fidèle par sa grâce en Christ-Jésus, mais qu’Il est aussi glorifié en Lui par notre foi dans la reconnaissance de notre confession. En effet, la foi va de pair avec l’Espérance, et avec l’amour de Dieu qui s’incarne en nous par l’amour de Christ dans l’Esprit (Romains 5 :5), tous les éléments de la plénitude sont réunis.

Tous les chrétiens qui connaissent un peu les Ecritures doivent pouvoir citer 1 Corinthiens 13 :13. « Maintenant c’est trois choses demeurent : la foi, l’espérance et l’amour ; et la plus grande de c’est choses, c’est l’amour ». Ces trois notions sont des éléments en Dieu pour Son économie, mais elles sont toutes autant, par l’opération de cette économie de la vie de Dieu, en Christ, et en nous qui croyons. C’est afin que nous fassions l’expérience de ses choses que le Seigneur Jésus nous a envoyé le Saint-Esprit et qu’Il a dit : « Et moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre consolateur, afin qu’il demeure éternellement avec vous, l’Esprit de vérité (réalité), que le monde ne peut recevoir, parce qu’il ne le voit point et ne le connait point ; mais vous, vous le connaissez, car il demeure avec vous, et il sera en vous. Je ne vous laisserai pas orphelins, je viens à vous » (Jean 14 :16 à 18) ; et « Quand le consolateur sera venu, l’Esprit de vérité, il vous conduira dans toutes la réalité » (Jean 16 :13a). Examinons brièvement ces passages. Il y a plusieurs choses à tirer ici : Le Seigneur déclare qu’Il va partir, mais que le Père enverra un remplaçant de sa part. Il dit aussi que ce consolateur sera avec  nous pour l’éternité. Il appelle ce consolateur l’Esprit de vérité, un nom en rapport avec Son ministère. On pourrait acquiescer sans trop d’interrogation peut-être, mais Il dit ensuite que nous le connaissons déjà, non seulement, mais Il est avec nous et Il sera en nous. Il est évident que le Seigneur parle de Lui-même, et Il nous affirme « je viens à vous » ; mais comme Il l’a dit « Il sera en vous ». Touchant à Son ministère « en nous », Il dit que lorsqu’Il viendra, Il nous conduira dans toute la vérité ou réalité. Certains trouvent peut-être cette parole mystérieuse, mais c’est la révélation de tout l’intérêt de la piété. Cette dernière a pour but de faire l’expérience de Christ : nous cherchons à le connaitre, Lui, et la puissance de Sa résurrection, c’est-à-dire qu’Il vive en nous par la Foi. La piété qui est la révélation de Dieu par Son économie. Notre piété vise ultimement cette révélation, et chaque expérience de Christ est un pas supplémentaire vers cette Espérance de la gloire de Dieu en Christ. Seulement, la dispensation de ce mystère dans les saints est laborieux, quoique déjà écrit. Il y a deux échelles de la gloire : (1) personnelle et (2) collective. Je veux dire que Christ est non seulement le modèle de la gloire individuel que nous espérons, mais aussi celui du nouvel homme unique de l’unité des saints en Christ qui est la plénitude de Dieu et de Christ. Nous y reviendrons sans doute, car c’est le sujet de cet enseignement, mais bien que nous devions veiller à l’aspect collectif, seule évidente manifestation de l’essence de la piété dans l’amour que nous avons les uns envers  les autres, nous sommes forcés d’admettre que notre travail se concentre dans chacune des parties. En effet, nous devons nous assurer de la qualité des matériaux de construction pour le bien de tout le projet : chaque frère et sœur doivent être convenablement édifiés individuellement en tant que pierre de construction afin que l’édifice de Dieu soit cohérent selon Son plan. Et avec quoi sommes-nous édifiés ? Avec les éléments de Dieu qu’Il a remis à Christ, non seulement avec ce que possède maintenant ce dernier, mais aussi avec ce qu’Il est, par son incarnation, sa crucifixion, sa résurrection, son ascension ; avec l’Esprit de Dieu qui nous transforme selon la piété dans la communion des souffrances de Christ, et qui opère Christ en nous pour un œuvre complète de la gloire de Dieu en Christ ; « comme il est écrit : celui qui se glorifie, qu’il se glorifie dans le Seigneur » (1 Corinthiens 1 :31), car nous n’avons rien apporté à la perfection : Christ est la perfection. Et l’économie de Dieu dans les saints est une révélation plus profonde de la perfection, le mystère de Dieu et de Christ.

L’expérience de Christ

Dieu a fait toute provision en Christ selon Son plan. « Mais c’est de Lui que vous êtes en Christ-Jésus, qui est devenu sagesse de la part de Dieu pour nous : justice, sanctification et rédemption » (1 Corinthiens 1 :30). Justice, parce qu’il n’y a plus de condamnation en Lui, mais la vie éternelle par la foi en Lui; Sanctification, car nous avons non seulement été transférés en Lui, mais nous sommes dans un processus du Saint-Esprit qui nous approvisionne de la vie divine, l’élément même de Christ, jusqu’à la rédemption; Rédemption, en référence au fait que nous ne sommes pas encore totalement délivrer du péché, c’est la glorification finale de nos corps mortels pour les rendre sembles au corps de Sa gloire. Vous avez sans doute deviné que la sanctification est le processus global de toutes opérations de la vie divine. C’est ce que je propose d’examiner.

Intérieurement, nous avons un commutateur, notre cœur qui est composé de la partie principale de notre esprit, c’est-à-dire notre conscience, et des organes de l’âme : l’intelligence (ou pensée), l’organe des émotions et la volonté. La conscience est le lieu où se concentre la vie lors de la régénération, ainsi, bien que nous ne sachions forcément l’exprimer clairement, nous avons la foi : c’est le témoignage intérieur de la vie de Dieu, Christ Lui-même comme élément vital. Cette même vie coule ensuite dans le reste de notre être intérieur jusqu’à le saturer. Cette opération s’appelle la sanctification et est l’œuvre du Saint-Esprit qui habite dans notre esprit. La sanctification, c’est la transformation de l’élément humain entré en Christ et amené à Sa ressemblance, tant en nature qu’en caractère. La piété est en opposition au régime de la loi. En effet, la loi consiste à s’efforcer d’œuvrer extérieurement selon des exigences jugées selon l’apparence ; alors que la piété vise une communion du Seigneur pour le renouvellement intérieur, et ainsi, choisit l’option de l’échange de vie pour une vraie satisfaction des exigences de Dieu. Sachant ceci : que personne ne peut se rendre agréable à Dieu par ses propres œuvres, mais seulement par foi qui montre les œuvres de Christ en résurrection. Souvenez-vous, si vous le saviez déjà, que le nom « chrétien » avait été affublé aux disciples grecs du premier siècle qui faisait les mêmes œuvres que Christ, sans pour autant le connaitre selon la chair. Le Seigneur avait condamné la démarche hypocrite des chefs religieux parmi les juifs. Il les réprimandait et les exhortait entre autre disant : « vous nettoyez le dehors de la coupe et du plat, et au-dedans ils sont plein de rapine et d’intempérance. Pharisiens aveugle ! Nettoie premièrement l’intérieure de la coupe et du plat, afin que l’extérieur aussi devienne net » (Matthieu 23 :25,26) et Il (Jésus) continue de plus belle dans Son reproche. Nous chrétiens, sommes dans un tel processus par le Saint-Esprit pour la gloire de Dieu en vérité. Le Seigneur disait : « Ne crois-tu pas que je suis dans le Père, et que le Père est en moi ? Les paroles que je vous dis, je ne les dis pas de moi-même ; et le Père qui est en moi, c’est lui qui fait les œuvres. Croyez-moi, je suis dans le Père, et le Père est en moi ; croyez au moins à cause de ces œuvres. En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui croit en moi fera aussi les œuvres que je fais, et il en fera de plus grandes, parce que je vais au Père ; et tout ce que vous demanderez en mon nom, je le ferai, afin que le Père soit glorifié dans le Fils » Jean 14 :10 à 13). Deux verset plus haut, Philippe, un disciple du Seigneur lui dit : « Seigneur, montre nous le Père, et cela nous suffit. Sur quoi, « Jésus lui dit : Il y a si longtemps que je suis avec vous, et tu ne m’a pas connu, Philippe ! Celui qui m’a vu a vu le Père ; comment dis-tu : Montre-nous le Père ? » (v7, 8). Le seigneur lui dit en fait, que sa requête est sans substance, et prouve son ignorance aveugle. Il lui dit (je paraphrase) : « Je suis le mystère de la piété, la révélation du Père, et tu ne me reconnais pas ? Tout ce que je fais ou dis est en fait une œuvre du Père en moi ; tu devrais me croire au moins parce que tu vois et entend le mystère de Dieu, c’est pour cela que je le glorifie. De plus je vous garantis que si vous croyez en moi, vous jouirez de la même relation dont je jouis maintenant avec le Père qui est en moi, parce que je vais là où cette relation est rendue possible pour la foi en mon nom.

Notre expérience de Christ est de l’intérieur vers l’extérieur. Que Christ demeure en nous signifie que nous vivons par une intelligence renouvelée pour être selon l’amour de Christ qui est notre disposition excellente manifesté par une foi éprouvée, jusqu’à la plénitude de la transformation à Son image selon la mesure. Nous sommes fortifiés dans la communion du Saint-Esprit pour que Christ habite dans nos cœurs par la foi, comme substance (réalité) de la nouvelle vie en remplacement de l’ancienne (la vie de l’âme, le vieil homme) qui est impie. Une expérience que nous faisons dans la mesure de la sanctification de notre disposition : l’amour de Christ, Lui-Même dans nos cœurs comme vie pour un travail de persévérance jusqu’à la transformation complète de notre être intérieur, et finalement au salut qui atteint nos corps mortels par la même puissance de résurrection dont nous jouissons dans toute opération.

L’amour de Dieu nous est révélé à travers l’Espérance de la grâce, mais la grâce ne peut jamais faire de Lui un Dieu inique. Il nous faut réaliser que Dieu ne peut pas annuler la justice par pure lubie, en l’occurrence notre condamnation à la mort éternelle. C’est pourquoi dans un premier temps, Il paie Lui-Même le prix de l’obstacle à Son amour, en s’incarnant dans la chair et en sacrifiant la seule vie valable pour notre rachat. « Or, l’espérance ne trompe point, car l’amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par le Saint-Esprit qui nous a été donné. Car lorsque nous étions encore sans force, Christ est mort pour des impies. A peine mourrait-on pour un juste, quelqu’un peut-être mourrait il pour un homme de bien. Mais Dieu prouve son amour envers nous, en ce que, lorsque nous étions encore des pécheurs, Christ est mort pour nous » (Romains 5 :5 à 8). C’est simple : Dieu nous a déjà prouvé la pureté de Sa motivation dans l’amour ; et comment, ayant connu Son amour pouvons-nous douter de l’Espérance qu’Il nous propose ? Mais grâce soit rendue à Dieu, car la connaissance de Son amour en Jésus-Christ nous rend capable de croire pour le salut. Et non seulement, mais l’Ecriture montre comme la grâce de Dieu est cohérente : si Dieu a donné Son Fils unique, Il nous donne aussi toutes choses avec Lui (Romains 8 :32). Nous sommes en effet bénis de toutes sortes de bénédictions en Christ exalté, et nous nous réjouissons dans l’Espérance de la gloire de Dieu. C’est dans un premier temps cela faire l’expérience de Christ par la foi: en tant que révélation de l’Espérance, puis nous persévérons pour une expérience de la puissance de la résurrection de Christ, jusqu’à la Jouissance complète du Seigneur, chacun selon la mesure du don de Christ. C’est dans cette vue qu’il est écrit : « Jusqu’à maintenant, vous n’avez rien demandé en mon nom ; demander et vous recevrez, afin que votre joie soit complète » (Jean 16 :24).

N’oublions pas que le but final de la sanctification n’est pas individuel ; en effet, nous cherchons à le connaitre dans toute Sa dimension : la largeur, la longueur, la profondeur et la hauteur, et connaitre l’amour de Christ qui surpasse toute connaissance, afin d’être remplis jusqu’à toute la plénitude de Dieu (Ephésiens 3 :17 à 19). Mais cela n’est possible que dans le Corps de Christ, dans l’unité du nouvel homme aux dimensions de l’univers, sans sagesse humaine, mais où Christ est tout en tous, où l’amour de Christ est l’unité même de la nouvelle création. Jugez vous-même dans quelle limite vous connaissez Christ. Êtes-vous un, avec Christ et les autres membres de Son Corps, dans un amour parfait et sans reproche ? Pouvez-vous témoigner que tel Il est, tel nous sommes aussi dans le monde en unité et en vérité? Dieu fait grâce aux humbles, mais Il résiste aux orgueilleux. Sachant qu’aucun moyen d’approvisionnement de la vie ne peut être épargné dans le processus de sanctification. En effet, notre piété est par la foi, au moyen de la parole (de la foi) pour l’obéissance de notre disposition, mais également par l’épreuve de notre foi, la communion des souffrances de Christ au bout de laquelle, il n’y a pas de vie pour la chair, mais la vie pour l’Espérance (Romains 5 :3 et 4). Et donc, examinons-nous pour discerner seulement jusqu’où nous nous sommes avancés par la pensée de souffrir pour l’amour de Dieu et de Son économie. Car c’est en référence à notre disposition qu’Il est écrit : « Et nous savons que toutes choses coopèrent pour le bien de ceux qui aiment Dieu, de ceux qui sont appelés selon dessein » (Romains 8 :28).

Le but des opérations de Dieu dans les saints n’est pas de faire de nous de vulgaires marionnettes sous Son contrôle. C’est grâce à la disposition notre amour, qui est l’amour de Christ qui demeure en nous par la sanctification, que nous travaillons à l’Espérance. Il y a plusieurs figures au travers desquelles nous pouvons voir la prudence de Dieu. Là plus pertinente est celle de l’Eglise comme Épouse de Christ. Nous pouvons aussi considérer « le nouvel homme », parce que c’est une vraie figure de l’unité de Christ, où Il est de toute évidence tout en Lui-Même ; et c’est aussi le mystère de Christ et de l’Epouse selon qu’il est écrit : « les deux deviendront une seule chair » (Éphésiens 5 :31 et 32). Ce que Dieu désire avec ceux qui l’aiment, c’est une harmonie, une vie commune adéquate ; comme du vin dans des outres neuves ou un vêtement parfaitement tissé avec Christ, et non rapiécé d’une source étrangère à la vie de Dieu. Cette Épouse que Dieu crée pour Son Fils était une toute petite partie de ce dernier, endormi pour l’occasion. Un échantillon qu’Il fait croître jusqu’à la perfection. Là encore, il y a plusieurs figures : s’agissant de la maison de Dieu, on parlera de matériaux de construction, et ce n’est là qu’un exemple parmi d’autres, mais nous retiendront que le point commun à tous ces aspects est la compatibilité parfaite de tous les composants avec l’ensemble de l’entité recherchée, où Christ est tout. Je vous disais plus haut que Dieu ne cherche pas à nous contrôler comme des pantins. Que vous en semble ? Si un homme à une épouse qu’il aime sincèrement et de tout son cœur, pour qui, il donne même sa propre vie. Serait-il satisfait de sa condition d’esclave conjugale ou de son total manque d’harmonie avec lui dans cette relation ? La prudence de Dieu ne peut Lui permettre d’excéder notre disposition, c’est pourquoi Il s’entretient avec nous afin de nous donner l’espérance en éprouvant notre foi. Dieu notre Sauveur est fidèle pour nous amener à la gloire qu’Il nous promet, le salut complet en Christ-Jésus, le Dieu véritable. Amen.

Que Dieu notre Père nous fasse grâce afin que nous soyons captifs de la foi de Christ pour la gloire de Dieu.

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